Cotisations sociales 2026 : ce qui change pour la paie intérim
Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs paramètres de paie ont évolué. Pour les gestionnaires de paie en entreprise de travail temporaire, ces ajustements ont des répercussions directes sur le calcul des bulletins, le coût employeur et la conformité réglementaire. Voici un tour d'horizon des principales nouveautés.
Un plafond de sécurité sociale en hausse de 2 %
Le plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) passe à 4 005 euros au 1er janvier 2026 (contre 3 925 euros en 2025). Le plafond journalier s'établit quant à lui à 220 euros.
Cette revalorisation de 2 %, alignée sur l'évolution du salaire moyen par tête (SMPT), impacte mécaniquement l'ensemble des tranches de cotisations : tranche 1 pour la retraite complémentaire, plafond des indemnités journalières, seuil de la garantie minimale de points AGIRC-ARRCO, etc.
En pratique pour les ETT : les salariés intérimaires dont la rémunération oscille autour de l'ancien plafond peuvent basculer d'une tranche à l'autre. Il est essentiel de vérifier les paramétrages des tranches dans vos outils de paie dès les premiers bulletins de janvier.
SMIC horaire : 12,02 euros
Le SMIC horaire brut est revalorisé à 12,02 euros, soit un SMIC mensuel brut de 1 823,03 euros (sur la base de 151,67 heures). Cette hausse concerne tous les contrats, y compris les missions d'intérim.
Ce nouveau seuil a un effet en chaîne : il redéfinit le plancher de rémunération des intérimaires, mais aussi le seuil d'application de la nouvelle réduction générale dégressive unique (RGDU), fixé à 3 SMIC.
URSSAF : la vieillesse déplafonnée augmente
Les taux URSSAF agrégés (maladie, vieillesse déplafonnée, allocations familiales et contribution solidarité autonomie) s'établissent à 0,40 % en part salariale et 20,66 % en part patronale.
Le changement le plus notable concerne la cotisation vieillesse déplafonnée patronale, qui passe de 2,02 % à 2,11 % (soit +0,09 point). Cette hausse, bien que modeste en apparence, s'applique sur la totalité de la rémunération sans plafond — ce qui pèse davantage pour les profils intérimaires qualifiés à forte rémunération.
À noter également : le taux de la cotisation maladie patronale reste à 13 % et celui des allocations familiales passe à 5,25 % en taux plein. L'AGS est maintenue à 0,25 % pour les salariés permanant et 0,30 % pour les intérimaires.
Accident du travail : un taux d'ouverture à surveiller
Pour une entreprise de travail temporaire en ouverture (création ou premier exercice), le taux AT/MP est fixé à 3,01 %. Pour les autres ETT, le taux est notifié individuellement par la CARSAT en fonction de la sinistralité.
C'est un poste de coût significatif en intérim, où la diversité des métiers et des environnements de travail rend la sinistralité plus volatile. Un suivi rigoureux des déclarations d'accidents et des taux notifiés reste indispensable pour maîtriser ce poste.
Mutuelle SIACI : l'evolution des taux
Les cotisations mutuelle obligatoire gérées par SIACI évoluent en 2026 :
- Régime général : 0,0874 % en part salariale et 0,0874 % en part patronale
- Alsace-Moselle : 0,0555 % en part salariale et 0,0555 % en part patronale
La distinction Alsace-Moselle s'explique par le régime local complémentaire qui couvre déjà une partie des prestations, d'où un taux de mutuelle réduit pour les intérimaires affectés dans ces départements.
La RGDU : le grand changement structurel de 2026
Au-delà des ajustements de taux, 2026 marque l'entrée en vigueur de la réduction générale dégressive unique (RGDU). Cette réforme fusionne l'ancienne réduction générale (dite "Fillon") et les réductions de taux sur la cotisation maladie et les allocations familiales en un seul mécanisme.
Concrètement, les anciens taux réduits de cotisations patronales d'assurance maladie (7 % au lieu de 13 %) et d'allocations familiales (3,45 % au lieu de 5,25 %) disparaissent. En contrepartie, la RGDU s'applique de manière dégressive jusqu'à 3 SMIC (au lieu de 1,6 SMIC pour les anciens dispositifs de taux réduits).
Autre point technique : la fraction AT/MP retenue dans le calcul de la RGDU est fixée à 0,49 point (contre 0,50 en 2025).
Impact pour les ETT : le calcul de l'allègement change sensiblement. Les intérimaires rémunérés entre 1,6 et 3 SMIC bénéficient désormais d'une réduction, ce qui n'était pas le cas avec les anciens taux réduits. En revanche, pour les rémunérations proches du SMIC, l'effet peut être légèrement différent selon la structure de la rémunération. Une vérification des paramètres de calcul dans les logiciels de paie est fortement recommandée.
Ce qu'il faut retenir
Les évolutions 2026 combinent des ajustements classiques (PMSS, SMIC) et une réforme structurelle majeure (RGDU). Pour les services paie des ETT, les points de vigilance sont les suivants : mettre à jour les tranches de cotisations liées au nouveau plafond, intégrer la hausse de la vieillesse déplafonnée, paramétrer correctement la RGDU en remplacement des anciens mécanismes de taux réduits, et vérifier les taux AT notifiés par la CARSAT.
Un contrôle systématique des premiers bulletins de janvier reste la meilleure garantie de conformité.